Selon le Fonds Monétaire International, l’économie congolaise devrait connaitre une croissance en V entre 2020 et 2021

IMG-20200427-WA0033

IMG-20200427-WA0033Lors d’une vidéoconférence animée la semaine dernière depuis son bureau de l’Hôtel de monnaie, le Représentant-résident du Fonds Monétaire International en RDC, Philippe EGOUME, a fait remarquer que la RDC devrait connaitre entre 2020 et 2021 une croissance en V, marquée par un taux négatif de 2,2% en 2020, avant de reprendre à 3,2 % en 2021. Ce qui oblige, selon lui, le Gouvernement a déployé de gros efforts dans l’assainissement des finances publiques, tout en maintenant le cap des engagements souscrits dans le cadre du Programme de référence avec le FMI, conclu pour la période de décembre 2020 à mai 2021.

Comme d’autres économies du monde, frappées de plein fouet par la pandémie de coronavirus (Covid-19), la République Démocratique du Congo se retrouve déjà en récession. Selon le représentant-résident du Fonds Monétaire International, la RDC devait connaitre entre 2020 et 2021 une croissance en V, passant de – 2,2% en 2020 pour reprendre en 2021 avec un taux de croissance probable de 3,2%.

Si le FMI croit en la capacité e la RDC de rebondir en une année, après la sortie de crise de Covid-19, il appelle néanmoins les autorités congolaises à rester prudentes, tout en intensifiant des réformes pour renforcer davantage la gestion des finances publiques.

D’ores et déjà, le FMI a posé un geste louable pour aider la RDC à équilibrer ses comptes, à la suite de l’assèchement des recettes qu’impose la pandémie de Covid-19. Ainsi, après avoir effacé plus de 20 millions Usd de service de la dette due au FMI, la RDC vient de bénéficier également d’un apport de 363 millions Usd de soutien à la balance des paiements au titre de la Facilité élargie de crédit.

C’est le 22 avril 2020 que le Conseil d’administration du FMI a approuvé ce décaissement de 363,27 millions Usd pour aider la RDC à satisfaire les besoins de financement de la balance des paiements qui découlent de la pandémie de COVID-19. Le FMI est d’avis que la RDC subit un grave choc avec l’impact économique de la pandémie de COVID-19 qui se fait progressivement sentir et les perspectives économiques à court terme se dégradent rapidement. Il se félicite néanmoins de la réaction des autorités congolaises qui ont procédé à des augmentations des dépenses de santé, tout en adoptant une série de mesures d’endiguement et d’atténuation.

Dans le communiqué qui rend compte de la décision de son Conseil d’administration, le FMI notait que ce financement d’urgence que fournit le FMI par le biais de la Facilité de Crédit Rapide (FCR) permettra à la RDC de « répondre aux besoins urgents de financement de la balance des paiements et d’appuyer l’assouplissement temporaire de l’orientation budgétaire », estimant par la même occasion qu’ « une aide supplémentaire de la part d’autres partenaires au développement est attendue pour combler l’écart de financement restant et alléger les besoins de financement du budget. Nous saluons l’engagement pris par les autorités de publier des rapports mensuels sur les dépenses relatives à la COVID‑19 afin d’assurer la transparence des financements publics ». Pour l’instant, le FMI croit que la RDC a la maitrise de la pandémie ».

« Les autorités ont réagi à la pandémie avec détermination : elles ont établi un plan de riposte national qui prévoit notamment d’augmenter les dépenses en matière de santé et de mettre en place des mesures pour contenir la propagation de la maladie. La pandémie entrave également la mobilisation des recettes intérieures et exerce des pressions considérables sur les réserves de change. Étant donné la nature extraordinaire de la pandémie et l’ampleur de ses répercussions économiques, les autorités ont décidé de prendre des mesures budgétaires afin d’atténuer  l’impact de la pandémie. La Banque Centrale du Congo (BCC) a également annoncé plusieurs mesures de soutien à la liquidité afin d’atténuer les effets économiques de la pandémie », a indiqué le FMI, dans son communiqué. Avant de rappeler que « la détérioration des perspectives macroéconomiques et les nouvelles pressions budgétaires entraînent un besoin urgent de financement de la balance des paiements. L’aide du FMI par le biais du financement au titre de la FCR contribuera à combler une partie de l’écart de financement ; les concours supplémentaires de la part d’autres partenaires au développement devraient combler l’écart restant et alléger les besoins de financement du budget ».

Ce n’est pas le moment, estime le FMI, de ne pas lâcher prise. Le Gouvernement doit poursuivre avec les réformes.

À l’issue des débats du Conseil d’administration, M. MITSUHIRO FURUSAWA, Directeur Général adjoint et président, a fait remarquer que « la mise en œuvre des mesures et des réformes structurelles auxquelles les autorités se sont engagées dans le cadre du programme de référence conclu en décembre demeurent essentielles à la stabilité économique et au retour d’une croissance soutenue et inclusive. Ces mesures comprennent le renforcement de la transparence et de la gouvernance dans les secteurs budgétaire et minier, l’accroissement des recettes fiscales, le maintien de la stabilité financière et la suspension du financement du déficit par la banque centrale».